
Malgré la légère remontée des taux d’intérêt, les primo-accédants continuent d’occuper une place importante dans la production de crédits immobiliers en France. Selon la Banque de France, ils représentaient 43,9 % des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations en juillet 2026. Un indicateur qui témoigne de la poursuite des projets d’accession à la propriété, dans un marché qui reste toutefois soumis à des contraintes de financement.
L’accession à la propriété conserve une place importante dans les projets immobiliers des ménages français. En juillet 2026, les primo-accédants représentaient 43,9 % de la production de nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations, selon les données publiées par la Banque de France. Cette proportion s’est globalement stabilisée depuis la mi-2025, après une progression observée depuis 2020.
Ce chiffre confirme le poids des ménages qui achètent un logement pour la première fois dans le financement immobilier. Il témoigne également de leur présence durable dans un marché où les conditions d’emprunt, le niveau des prix et la capacité d’épargne jouent un rôle déterminant.
Pour autant, cette part ne signifie pas que tous les candidats à un premier achat peuvent concrétiser leur projet dans les mêmes conditions. L’accès au crédit dépend notamment des revenus, de la stabilité professionnelle, de l’apport personnel, du niveau d’endettement et du coût du bien recherché. La proportion de primo-accédants dans la production de crédits constitue donc un indicateur de leur place dans le marché, mais pas une mesure exhaustive de la facilité d’accès à la propriété.
La situation du crédit immobilier reste marquée par une relative stabilité de la production depuis la fin de l’année 2024. D’après la Banque de France, les nouveaux crédits à l’habitat accordés aux particuliers, hors renégociations et en données corrigées des variations saisonnières, évoluent depuis cette période dans une fourchette comprise entre 11 et 13 milliards d’euros par mois.
En juillet 2026, leur production s’établissait à 11 milliards d’euros, contre 13,2 milliards en juin. Ce repli mensuel rappelle que l’activité peut varier sensiblement d’un mois à l’autre, sans remettre nécessairement en cause la tendance générale observée sur plusieurs trimestres.
Les taux d’intérêt ont, de leur côté, légèrement progressé depuis le début de l’année. Le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations atteignait 3,30 % en juillet 2026, contre 3,17 % en janvier. Cette évolution représente une hausse de 0,13 point de pourcentage sur la période.
Pour les primo-accédants, cette remontée mérite une attention particulière. À montant emprunté et durée identiques, un taux plus élevé augmente le coût du financement et peut se traduire par des mensualités plus importantes. Il peut également réduire le montant que la banque accepte de prêter, selon la situation financière de l’emprunteur.
Le contexte reste néanmoins différent de celui de 2023, lorsque les taux avaient fortement augmenté. En juillet 2026, le taux moyen demeurait nettement inférieur aux niveaux observés au début de 2024. Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence : les conditions proposées varient selon les dossiers, les durées d’emprunt et les établissements bancaires.
Malgré la remontée récente des taux, la Banque de France souligne que les primo-accédants et les ménages les plus modestes restent parmi les principaux bénéficiaires de la production de crédits à l’habitat en 2026.
En juillet, les emprunteurs disposant de revenus inférieurs à deux fois le SMIC représentaient 31 % des emprunteurs. En ajoutant ceux dont les revenus se situaient entre deux et trois fois le SMIC, cette proportion atteignait 58 %. Ces données illustrent la place des ménages aux revenus modestes ou intermédiaires dans les nouveaux financements immobiliers.
Elles ne signifient toutefois pas que les conditions d’accès au crédit sont identiques pour tous. Les banques examinent chaque demande au regard de la capacité de remboursement et des caractéristiques du projet. La qualité du dossier, le reste à vivre, l’épargne disponible et la cohérence entre le prix du logement et les ressources du ménage demeurent des éléments importants.
Dans ce contexte, les primo-accédants ont intérêt à préparer leur financement en amont. Déterminer un budget réaliste, anticiper les frais liés à l’acquisition et comparer plusieurs propositions de crédit permettent de mieux apprécier le coût total de l’opération. Il est également essentiel d’intégrer les dépenses qui s’ajoutent au remboursement du prêt, notamment les charges de copropriété, les assurances, les éventuels travaux et la taxe foncière.
La présence des primo-accédants dans la production de crédits ne doit pas masquer les difficultés qui persistent sur le marché immobilier. La capacité à acheter dépend non seulement du financement disponible, mais aussi du prix des logements et du niveau des revenus.
Selon le panorama de la Banque de France de juillet 2026, les prix des logements anciens en France métropolitaine ont reculé de 0,9 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Dans le même temps, le nombre de transactions immobilières s’est stabilisé, avec environ 1,017 million de ventes de logements en cumul annuel et une progression de 0,5 %.
Cette évolution des prix peut contribuer à rééquilibrer certaines conditions d’achat, mais ses effets restent variables selon les territoires et les catégories de biens. Un recul moyen à l’échelle nationale ne garantit pas une baisse équivalente dans toutes les villes. Pour les ménages qui achètent pour la première fois, la localisation, la surface recherchée et l’état du logement peuvent ainsi modifier sensiblement le budget nécessaire.
L’apport personnel constitue un autre facteur à prendre en compte. Il permet notamment de couvrir une partie des frais d’acquisition et de réduire le montant à emprunter. Lorsque l’épargne disponible est limitée, certains candidats peuvent devoir prolonger leur préparation financière, revoir leur projet ou rechercher un bien moins coûteux.
Pour les ménages éligibles, les dispositifs d’aide à l’accession peuvent compléter un financement bancaire classique. Le prêt à taux zéro (PTZ), soumis à des conditions d’éligibilité, peut notamment contribuer au financement de l’achat d’une résidence principale. Son intérêt dépend de la situation du ménage, de la localisation du bien et des caractéristiques de l’opération.
La Banque de France indique que l’encours des prêts immobiliers à taux zéro représentait 3,8 % de l’encours des crédits à l’habitat à la fin du mois de juin 2026. Cet indicateur concerne l’ensemble des prêts à taux zéro en cours et ne doit pas être confondu avec leur part dans les nouveaux crédits accordés sur un mois.
Avant de s’engager, un primo-accédant peut donc avoir intérêt à vérifier les aides mobilisables, à simuler plusieurs scénarios de financement et à comparer le coût global des solutions envisagées. Un accompagnement par un professionnel du financement ou de l’immobilier peut également faciliter la compréhension des étapes et des contraintes de l’achat.
Avec une part de 43,9 % des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations en juillet 2026, les primo-accédants conservent une place significative dans le marché français du financement immobilier. Cette proportion, globalement stable depuis la mi-2025, montre que les projets de première acquisition continuent d’alimenter l’activité bancaire.
La légère remontée des taux, la nécessité de constituer un apport et les disparités de prix entre territoires restent néanmoins des paramètres essentiels pour les candidats à la propriété. La concrétisation d’un achat repose donc sur une préparation rigoureuse, une évaluation réaliste de la capacité d’emprunt et une bonne connaissance des aides disponibles.
Pour les futurs propriétaires, l’enjeu consiste à transformer un projet immobilier en une opération financièrement soutenable sur le long terme. Dans ce contexte, la présence durable des primo-accédants dans les nouveaux crédits constitue un indicateur à suivre pour comprendre les évolutions du marché, sans préjuger des possibilités d’achat propres à chaque ménage.